L’ARTICLE D’ISABELLE SADOUX : KARINE DUBREUIL INTERPRÈTE STATE OF MIND

Un élégant duo de choc pour des parfums de charme. Catherine Laskine Balandina, créatrice de la marque d’exception parfums & thés State of Mind a fait appel à Karine Dubreuil pour interpréter son rêve. Interview

Comment s’est déroulée votre collaboration avec Catherine sur le projet State Of Mind ?

Quand elle a décidé de lancer sa marque, on avait déjà travaillé ensemble à l’époque où elle était commerciale. Elle ma montré son draft : elle avait tout dessiné, dans un style Art Nouveau. Elle m’a expliqué que State of Mind était un état d’esprit à adopter en dégustant du thé. C’est une femme dont j’admire l’énergie, la fantaisie, le courage et la persévérance… qualités sans doute issues de son éducation.

Qu’est-ce qui vous a plu et inspiré dans ce projet?

Ce sont les lignes et les odeurs des végétaux du style Art Nouveau. Je pensais à Lalique… Ainsi que la liberté de création qui m’était offerte. Puis on a beaucoup échangé, avec Olivier Scala, sur les ingrédients à utiliser pour donner une inflection olfactive. Ca m’a rappelé l’époque ou je voulais devenir aromaticienne chez Roure. Depuis, j’ai pris une autre voie.

Elle vous a laissé « carte blanche » ?

C’est un peu ça. Elle m’a dit « c’est toi qui sais » et m’a fait confiance. Je lui ai présenté les premiers jus en même temps. Natural Elegance lui a aussitôt plu. D’ailleurs, c’est celui que je porte… (un chypré moderne qui s’annonce sur un thé Yunnan frais aux reflets d’abricot, puis traduit la beauté intérieure par le trio jasmin, ambroxan et osmanthus, le tout sublimé par le patchouli et la mousse de chêne).

Comment avez-vous travaillé avec Olivier Scala ?

Le thé est  le support arômatisé des parfums. Je créais le jus et Olivier y greffait le thé. Depuis toujours, j’apprécie le thé, son odeur, son arôme, ses perles, ses feuilles et là, j’ai découvert ses multiples facettes. Sur les indications de Catherine, on devait rêver et faire rêver. Pas facile quand il s’agit du bouleau de Sibérie mais on a réussi … en écoutant Tchaïkovski !

Vous utilisez aussi de nombreux fruits dans vos créations parfumées…

En effet, ils m’ont très tôt inspirée. La synergie entre les arômes des fruits et le parfum, la cuisine et la création de parfums est importante. Les échanges entre ces deux mondes sont infinis. En cela, je suis plutôt épicurienne !

Epicurienne n’exclut pas d’être rigoureuse comme vous l’êtes.

La rigueur est nécessaire pour créer des parfums. Il y a une réalité industrielle et réglementaire qu’on ne peut ignorer.

Quelles sont vos sources d’inspiration ?

Mon inspiration vient selon le souhait du client. J’aime me laisser aller ; je me plonge dans notre imaginaire.

Vos voyages sont aussi source d’idées ?

Je voyage beaucoup en Asie et Amérique du Sud.  J’aime les repas asiatiques, ses fruits tropicaux, les recettes vietnamiennes, les senteurs du Laos en particulier, et toutes les saveurs de l’Amérique du Sud.

Votre univers olfactif s’est construit dès votre enfance à Grasse..

J’ai passé mon enfance entre les jardins de mes deux grands-mères, Ma grand-mère maternelle italienne, avait un jardin rempli de jonquilles, de violettes et de mimosas. Celui de ma grand-mère paternelle était plus exotique, avec du cassis et du lantana. J’aimais particulièrement son odeur embaumée en soirée et le parfum des fleurs d’oranger enivrantes. Petite fille, je me promenais dans les rues de Grasse : les odeurs des pierres humides ne m’ont pas quittée.

Aujourd’hui, qu’est-ce qui vous plait le plus dans votre métier ?

Ce qui me plaît, c’est la grande liberté de créativité,  le champ de recherche est très vaste, les possibles sont infinis pour chaque accord trouvé.

Dans la parfumerie de niche en particulier, on s’exprime plus librement on peut s’amuser faire des accords et être plus audacieux.

https://dunmotalautre.com/2020/04/27/karine-dubreuil-interprete-state-of-mind/