L’interview avec Catherine Laskine-Balandina sur Katatsumuri no yume

INTERVIEW DE CATHERINE LASKINE-BALANDINA FONDATRICE PASSIONNÉE ET ESTHÈTE DE STATE OF MIND MAISON DE PARFUMS ET DE THÉS RARES

 

Amateurs de parfums et palais raffinés, State of Mind a tout pour vous séduire avec ses parfums rares associés à des thés savoureux. Un empire des sens qui se dévoile aux côtés de Catherine Laskine-Balandina, la fondatrice de cette jeune mais prometteuse maison de niche.  

Quel est votre rapport au(x) parfum(s) ?
J’emporte le parfum partout en voyage, au lit, dans le bain, dans la nourriture

Pouvez vous nous parler de votre parcours dans le monde de la parfumerie ? 

Catherine Laskine-Balandina ; je suis une française d’origine russe, j’imagine que j’incarne le biculturalisme, la bissociation aesthétique et la synesthésie artistique. Après 20 ans de carrière dans l’industrie de la beauté, commencée chez l’Oréal et poursuivie avec les plus connues des marques françaises, j’ai inventé un concept inédit de l’expression du parfum par le goût et du goût par le parfum, je conduis des cérémonies de thé et de parfum où je fais sentir les parfums de la haute parfumerie artistique et déguster des thés grands crus ayant été travaillés par un maître de thé et un parfumeur.

 

Comment est née l’idée de l’association du thé et des parfums ? Êtes vous vous même synesthète ? 

Après 20 ans d’expérience de la parfumerie, comme beaucoup de mes collègues, je fus gagnée par l’ennui de l’uniformisation de cette industrie. Je me suis lancée dans la création d’une marque qui ne ressemblerait pas aux autres.

La synesthésie, la compensation d’un sens par un autre, dans le cas de State of Mind révèle avant tout au client la rétro-olfaction, la relation intime entre le goût et le parfum. Les 4 goûts basiques: sucré, salé, amère, acide sont complétés par l’olfaction rétro-nasale et c’est ce phénomène qui nous permet d’avoir toutes les nuances du goût.

L’expression des ingrédients communs au thé et au parfum font objet de notre exploration. Nos cérémonies de thé de parfums font appel aux 5 sens : le goût, l’olfaction, le toucher, l’ouïe la vue, et bien au delà de ça, à la mémoire associative et cognitive. Le monde occidental, en important le thé de l’Asie, a perdu sa dimension sacrée, sa philosophie Zen, son invitation à la méditation, ses concours de dégustation.
La recherche de l’harmonie est la valeur essentielle de State of Mind.

Chaque état d’esprit trouve son expression en Thé, parfum pour soi, parfum pour la maison et en bougie.

Pouvez-vous nous parler un peu de vos partenaires (Olivier Scala, Karine Dubreuil) et de la manière dont vous travaillez en synergie autour de chaque nouveau projet ? 

Les thés parfumés de State of Mind sont des Grands Crus sourcés et travaillés par un poète du thé et 5 générations dans la sélection et importation de thé, Olivier Scala. Ses récoltes sont sublimes et son parfumage avec des arômes et des huiles naturelles est exceptionnel qui propulse ce produit alimentaire parfumé au rang des produits de beauté à part entière.

Le parfumeur Karine Dubreuil est une grande dame de la profession avec un grand palmarès dont Eclat d’Arpège de Lanvin, Aqua Alegoria Magnolia de Guerlain, l’Occitane, Vice Versa YSL et dernièrement Collection noir 1er Lalique: ILLUSION CAPTIVE.

Les consommateurs sont de plus en plus attentifs à la composition et à l’éthique des produits. Pouvez-vous nous parler du sourçage de vos thés et des ingrédients de vos parfums? 
Je ne source pas les ingrédients, je m’appuie pour le sourçage de thés sur une entreprise vieille de 120 ans dont c’est la spécialité et l’expertise de Olivier Scala, le sélectionneur de thé qui a été d’ailleurs pendant longtemps le président du Comité Français du thé. Olivier passe sa vie à parcourir le monde et à choisir personnellement ses récoltes.

Vous proposez des associations de thés raffinés et de parfums originaux, mais par lequel de ces deux éléments débute la création d’un nouveau duo ? 

Le travail sur un nouveau produit commence par le concept et la philosophie d’un nouvel état d’esprit, puis j’échange avec l’illustratrice Elena Mynenko afin de créer l’identité visuelle d’une nouvelle ligne de Parfum, Thé, Diffuseur, bougie, carré de soie. Puis, je communique la description philosophique, la liste d’ingrédients et l’illustration et on se réunit pour valider l’ensemble. Mes partenaires travaillent chacun de leur côté et je reçois les versions de thés et parfums que je choisis. Si besoin on se réunit.

Combien de temps prend l’élaboration d’un nouveau duo thé-parfum ?
La première collection de 10 States of Mind a été créée en 18 mois.

A qui s’adresse vos parfums ?
Aux esthètes en recherche de produits authentiques et inspirants

Qu’est-ce qui, selon vous, différencie un parfum de niche et un parfum plus grand public ?
Il me semble qu’un parfum de niche, un produit de niche de manière générale doit posséder une authentique valeur de créativité. Dans le cas de STATE OF MIND, je m’attache à créer un lien d’inspiration avec mes clients à travers les différents états d’esprit.

Pouvez-vous nous parler de votre identité visuelle et du nom de votre maison ?

Le logo STATE OF MIND joue avec les mots état d’âme et état d’esprit, car un État d’âme peut devenir un État d’esprit et vice-versa. Le flacon State of Mind a un bouchon en cristal facetté qui représente l’esprit géométrique et ordonné et le logo sur le fond du flacon représente l’Ame pour bien appuyer le concept du jeu permanent entre l’Etat d’Esprit et l’Etat d’Ame. Le logo de STATE of MIND est directement inspiré d’un dessin triangulaire D’Alphonse Mucha. Il est la représentation de l’Ame par opposition à l’Esprit. Mucha a produit une vague de peintures, d’affiches, de publicités et d’illustrations de livres, ainsi que des dessins pour des bijoux, des tapis, des papiers peints et des décors en cuir dans ce qui était initialement appelé le style Mucha, Les œuvres de Mucha présentaient souvent de belles jeunes femmes fortes dans des robes néoclassiques. Le choix D’Alphonse Mucha comme source d’inspiration était très logique pour la franco-russe Catherine Laskine-Balandina. Alphonse Mucha est un peintre Slave plus connu pour son art dit « commercial », surtout en France. Mucha est un peintre profondément spirituel. Il a déclaré que l’art n’existait que pour communiquer un message spirituel, et rien de plus. Son « épopée Slave en témoigne ».

Pouvez-vous nous parler de votre Salon de thé olfactif ?

Le Salon de Thé Olfactif, où le choix du parfum s’élève au rang d’une cérémonie, sera un lieu vraiment à part visant à réunir des clients intéressés par la connaissance, l’échange, la spiritualité, le perfectionnement de soi.
Je voudrais l’établir à Versailles, ville élégante et parfumée.

Votre maison est relativement jeune, pourtant vous êtes déjà très présente en Asie et au Moyen-Orient, la culture autour du parfum et du thé y est-elle très différente ? 
Vous avez raison. Par exemple:
Un grand respect est réservé en Asie pour le thé et le côté spirituel et sacré de la cérémonie de thé. La vision européenne et parfumée de State of Mind apporte un renouveau à cette tradition ancestrale.
Le Moyen Orient conjugue bien son historique hospitalité avec un amour sans modération pour le parfum.
La tradition du thé en Russie et les pays limitrophes est fortement ancrée et le samovar en témoigne, c’est une culture de rencontre et d’échange qui est particulièrement intéressée par le concept d’interpréter des parfums selon les états d’esprit.

Je me souviens que dans la Chine ancienne, il n’était pas rare d’associer nourriture et parfum. Ainsi, il existait des médicaments qui, une fois ingérés, offraient à la peau une odeur particulière. Est-ce que vos duo thé-parfum s’inspirent de cette pratique ?  
Il est certain que la bonne odeur d’un corps dépend aussi de la nourriture. On affirme que les thés STATE OF MIND sont des produits de beauté car ils sont parfumés et bien entendu parce que le thé possède les vertus nécessaires à la bonne santé : les pouvoirs anti-oxidants contre le vieillissement prématuré, la prévention de maladies cardio-vasculaires, la régulation de la pression sanguine et du stress. En revanche, de la même manière que le thé à lui seul ne fait pas maigrir, la promesse de sentir bon en buvant le thé STATE OF MIND ne peut être tenue, car il faudrait avoir la maîtrise de l’ensemble de votre nourriture.

Le parfum revient en force dans le monde de la mode (au Tranoï entre autres), dans la culture et les nombreuses publicités dans les magazines. Pensez vous qu’il s’agisse d’un effet de mode ou d’un réel mouvement de fond ?
Le marché de la parfumerie est très structuré depuis des décennies, la parfumerie de niche a apporté pas mal de changements, mais l’industrie l’oblige à adopter ses règles de jeu. Néanmoins, la parfumerie de niche continue à affirmer sa place qu’elle trouve entre-autres aux côtés des jeunes créateurs de mode.

De même, la dégustation de thé est de plus en plus valorisée, que ce soit avec l’apparition de salons dédiés ou les entreprises toujours plus nombreuses à en vendre, le thé est-il en train de devenir un nouvel art de vivre ?
Bien sur, le thé est à la mode et en même temps STATE OF MIND n’est pas un phénomène de MODE, mais de STYLE et son slogan est ART OF BEING HAPPY.

Auriez-vous des conseils pour aider nos lecteurs et nos lectrices à trouver leur propre parfum, celui qui correspond à leur personnalité ?
Ecouter attentivement soi-même, se connaître, éprouver du plaisir en utilisant son parfum. Le parfum affecte l’esprit ; c’est un instrument pour être en harmonie avec soi-même.

Comment choisir un parfum pour quelqu’un de proche ?
Le connaître.

Merci Madame Laskine-Balandina pour vos réponses et pour cette belle association de thés et de parfums qui éveillent nos sens.